Salle de presse

20/05/2016

Le Programme APIA de la Coopération Espagnole contribue par le biais de la Consultation Ministérielle de l’Afrique de l’Ouest à l’application efficace de la Résolution 69/150 de l’Assemblée Générale des Nations Unies interdisant la Mutilation Génitale Féminine

Le 26 et 27 avril 2016 s’est tenue à Dakar (Sénégal) une Conférence régionale pour l’Afrique de l’Ouest en vue d’améliorer l’application de la Résolution 69/150 de l’Assemblée Générale des Nations Unies interdisant la mutilation génitale féminine. Cette rencontre a été organisée par le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance du Sénégal et l’organisation italienne Peace Without Justice (NPWJ) en partenariat avec le comité Interafricain sur les pratiques traditionnelles ayant des conséquences sur la santé des femmes et des enfants (CIAF) et des organisations locales dans chacun des pays membres. Cette Consultation Ministérielle fait partie de la Campagne  « BanFGM » lancée en 2015 aussi à Dakar et financée par le Ministère Italien des Affaires Étrangers et de la Coopération Internationale (MAECI).

La Coopération Espagnole à travers le Programme  APIA a facilité la participation des délégations officielles de la Mauritanie, du Mali, du Niger et du Nigeria, qui constituent des pays prioritaires de la Coopération Espagnole en Afrique de l’Ouest. La Consultation Ministérielle a vu la présence de participants de haut niveau des 14 pays de la CEDEAO et de la Mauritanie ainsi que d’invités d’organismes internationaux et bilatéraux basés au Sénégal.

L’objectif de cette Conférence (qui a réuni les Ministres de la Femme, de la Santé et de la Justice des pays de l’Afrique de l’Ouest et de la Mauritanie) est de faire avancer ces pays dans l’application harmonisée de ladite résolution, laquelle fut adoptée par les Nations Unies grâce à la volonté des pays de cette région. En effet, il est urgent que les pays de la région harmonisent leur législation nationale et le cadre politique, législatif et juridique pour l’interdiction de la mutilation génitale féminine (MGF) conformément à la Résolution 69/150 et aux conventions et traités internationaux ratifiés par la majorité des Etats de l’Afrique subsaharienne, y compris le Sénégal.

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La Résolution 69/150 constitue le point de départ fondamental dans la lutte contre cette violation des droits humains des femmes et des enfants. Elle constitue aussi une référence pour la protection des victimes et la poursuite des auteurs de telles pratiques. Dans la majorité des pays où a été adoptée une loi contre la mutilation génitale féminine, leur application est restée très faible. Au Sénégal, par exemple, depuis 1969, année pendant laquelle a été approuvée la loi, seuls 8 cas ont été jugés. L’éradication de cette pratique rencontre de grandes résistances basées sur des arguments et pratiques socioculturels.

Les journées ont été inaugurées par la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance du Sénégal, Madame Mariama SARR, accompagnée de différentes personnalités comme Madame Emma Bonino, présidente de NPWJ, et des représentants des Corps Diplomatiques comme les Ambassadeurs d’Italie et d’Espagne, ainsi que des représentants des Organismes Internationaux du Système des Nations Unies.

L’Ambassadeur d’Espagne au Sénégal, Monsieur Alberto Virella, a insisté sur le fait que l’éradication totale de la MGF demande une révision de la stratégie générale pour faire face avec une plus grande efficacité les zones où jusqu’à présent les résultats n’ont pas été satisfaisants. Il a donné comme exemple la zone la plus située à l’Ouest en Casamance, avec une forte identité ethnique et dotée de structure traditionnelle. Là-bas, la MGF est une condition pour participer aux rites d’initiation. Etant donné que lesdits rites sont la condition pour la pleine intégration des individus dans leur Communauté et sont aussi déterminants pour leur identité, il faudrait “négocier” (selon le concept utilisé en sciences sociales) un rite substitutif de l’ablation à l’intérieur du cadre d’initiation. Pour entreprendre ce processus, seront nécessaires des études anthropologiques spécifiques pour ces communautés et réalisées, de préférence, par des professionnels africains. Si les autorités sénégalaises décident d’avancer dans ce sens, la Coopération Espagnole, a-t-il affirmé, lui apportera son soutien dans ce combat et sa contribution à ces efforts.

À l’issue de la séance inaugurale, les journées se sont organisées en procédant à la formation de groupes de travail qui se sont appesantis sur la réponse par secteurs (justice, santé et genre) et une approche du sujet par type d’action à mener (prévention, réponse et suivi). Un dialogue profond et documenté des expériences mises en œuvre dans chaque pays aussi bien par des structures gouvernementales que de la société civile, a été suscité pour atteindre une législation commune dans les pays de la CEDEAO, adopter et élaborer des instruments et matériels de sensibilisation et de formation communs, mettre en marche un travail transfrontalier, avec des réponses communes par les forces de l’ordre et judiciaires, etc.

Les journées ont été clôturées par une Déclaration Finale qui a mis en exergue, entre autres points, l’importance qu’il y a de promouvoir le rôle essentiel de la législation dans la lutte contre la MGF par l’interdiction et la criminalisation de cette grave violation des droits humains.